J'écoute : le souffle du vent et Dionne Warwick
Je regarde : les nuages passer dans le ciel
Je joue : à poursuivre des chimères
Je bois : de l'eau
Je cite : loin des yeux loin du coeur
Je pense : la liberté n'existe pas sans contraintes
(mis à jour lundi 11 février 2008 à 22:39)

08/08/2008

08/08/08 - 00:23

sueurs nocturnes au clair de rail... 10: Epilogue :



Je suis repassé depuis, maintes fois dans les couloirs du métro à châtelet et malgré mes efforts je n’ai jamais pu retrouver la petite porte qui nous avait conduit dans le monde de l’oubli. Pourtant, parfois quand je tends l’oreille il me semble entendre, l’espace d’un instant, la mélancolique mélodie du SDF, perdue au milieu du brouhaha de la station.

08/08/08 - 00:20

sueurs nocturnes au clair de rail... 9



la porte se referma violemment derrière Rollover nous laissant dans le noir total. Un désespoir profond s’insinua insidieusement en moi. Je me sentis alors seul et nu, comme abandonné. J’avais l’impression de m’affaisser au sol mais mes jambes me portaient toujours. Se refermer, s’isoler du monde, se protéger vite, ne pas se laisser emporter par cette sensation de pesanteur extrême. S’accrocher au rocher, attendre le passage des vagues violentes qui me brisent. Pourtant je suis, j’existe encore, je sens mes doigts qui touchent mes bras. Pourquoi cette déprime soudaine ? Pourquoi l’avenir semble s’altérer, ne plus exister ? Seul l’instant présent retient mon attention, un présent immuable, figé dans lequel je me minéralise. Je n’y arriverai pas, ce n’est pas possible, ne plus bouger, s’endormir d’un sommeil semblable à la mort, pour renaître ensuite ? Suis-je une plante qui se prépare à l’hiver ? Mais quelque chose heurta mon dos ce contact et freina ma lente descente dans l’accablement. Les doigts s’accrochèrent à mon dos comme pour en tirer de la force. Et une petite lumière vint nous éclairer, la petite loupiote vaillante de Rollover nous apportait un peu de réconfort… Nos yeux se nourrirent à son aura lumineuse et magique. Elle dissipa nos doutes, nos craintes. La brume de nos cerveaux fut remplacée par celle de la pièce où on n’y voyait goutte. Nous étions perdus dans un brouillard ténu. Nos yeux se posèrent sur le sol. Nous étions sur un chemin étroit, battu par des vaguelettes, se perdant en ligne droite dans le brouillard. On ne voyait plus la petite porte qui nous avait permis d’accéder à cette salle. Le brouillard s’illuminait par moments de couleurs passées. Nos lèvres restaient closes mais nos yeux nous permettaient de nous comprendre. Le bruit du vent qui soufflait portait parfois des cris qu’on aurait dit humains résonnant dans la salle aux dimensions qu’on imaginait gigantesque à l’écho répercuté sur les parois. La main de Rollover dans mon dos me pressa d’avancer sur le chemin. Nous entrâmes dans la brume. Celle-ci s’éleva après quelques pas. De la brume restèrent des formes brumeuses qui se mouvaient autour de nous au-dessus de l’eau. Seul le clapotis de l’eau contre le chemin nous rassérénait un peu. Au moins on savait ce que c’était.
Bientôt nous arrivâmes au centre de la pièce. Le plafond très haut était arrondi et à son centre un trou lumineux laissait s’échapper des brumes aux formes variées. Et au sol, au bout du chemin, à la verticale du trou dans le plafond, une torche éteinte semblable à une torche olympique. Les brumes passèrent bientôt sur le chemin, nous les traversions sans problème. Parfois la torche s’allumait l’espace d’un instant. D’autres fois, des portes semblaient s’ouvrir dans les parois et aspirer les brumes. Nous n’éprouvions plus vraiment de crainte malgré l’étrangeté du lieu. Il devenait clair que sur cette surface liquide calme s’échouaient les objets, les idées, et peut-être les souvenirs d’êtres humains pris dans la tourmente de l’oubli. Mais si c’était vrai, dans ces salles au coeur de l’oubli, dans la nuit noire, préservés du regard des hommes, ils attendaient un regain d’intérêt pour reprendre consistance, couleur et forme. C’est sans doute pour ça que le lieu était apaisant. Une sorte de momification des idées en attendant des jours meilleurs. L’idée de la momification me fit frissonner et Rollover perçut mon désarroi. Ces yeux disaient « avance jusqu’à la torche, là est notre salut ». Plus nous avancions, plus les brumes se trouvaient en travers de notre route, formant bientôt un barrage cotonneux moins aisé à pénétrer. Mais nous arrivâmes néanmoins au bout du chemin. Les yeux de Rollover brillaient d’une intense réflexion qui ne semblait pas aboutir. Les miens dirent « pour ne pas être oubliés nous ne devons pas non plus oublier les autres. Pour allumer la torche qui nous fera quitter le monde de l’oubli nous devons nous-même penser à quelqu’un. » Ma main toucha la torche et je me mis à penser très fort à quelqu’un. Rollover fit de même et la torche s’alluma, nous entraînant dans un tourbillon de chaleur vers l’ouverture dans le plafond.

Nous nous retrouvâmes, combien de temps après je ne sais, assis sur des sièges du métro. « Messieurs, réveillez-vous ! le métro ferme ses portes. » A la main nous tenions des bouteilles de vin et une forte odeur d’alcool nous agressait les narines. Nous nous levâmes quand nous vîmes le SDF sur le quai d’en face nous saluer en souriant. Nous voulûmes le montrer à l’agent qui bien sûr ne le vit pas. Il nous reconduisit jusqu’à la sortie, sains et saufs. Nous devions maintenant prendre les bus de nuit mais c’est une autre histoire.

04/08/2008

04/08/08 - 21:13

internet revenu à la maison

Hello, depuis le 25 juin je n'avais plus de connexion (merci Orange en dégroupage total) après de multiples appels au service technique... des renvois de service en service voilà qu'internet est revenu... ça a été tellement long qu'on dirait que c'est magique... (j'ironise bien sûr...) Moins magique le temps encore à passer pour se faire rembourser... En bref satisfaction client proche du 0...

20/07/2008

20/07/08 - 23:17

sueurs nocturnes au clair de rail... vos avis

la fin est proche. Qu'en pensez-vous?

Merci
Tjahzi

20/07/08 - 17:47

sueurs nocturnes au clair de rail... 8



« mais avant ça, qu’as-tu fait ? »
« c’est simple : en entrant la salle j’ai observé les alentours avec ma lampe-torche »
« pff » « bon ok avec ma petite lampe de porte-clefs. j’ai vu des éclairages au plafond et un câble qui en partait et courait le long du mur. En le suivant je suis arrivé jusqu’à un panneau de contrôle que j’ai manipulé. Une fois la lumière rallumée j’ai commencé à regarder autour de moi. J’ai vu tous ces objets divers et variés. Je les ai inspectés pour comprendre. » Un bruit nous alarma alors. « Viens » me dit Rollover et il m’emmena dans le fond de la pièce, là où le fatras d’objets était indescriptible. « si j’ai bien compris nous n’avons plus beaucoup de temps » « du temps pour quoi ? » « pour nous échapper d’ici » « mais ?… » « observe tous ces livres, ils n’ont pas de fin, ces objets, ils ne sont pas terminés… on ne les a jamais vu ou sinon des dérivés… » « tu veux dire que c’est un cimetière d’objets râtés ? » « non pas râtés, oubliés… » « mais quel rapport avec nous ? ça me rassure déjà de savoir que tu ne nous imagine pas ratés… mais l’oubli. Ne me dis pas qu’on nous a déjà oublié alors qu’on n’a pas été encore connus» « rappelle-toi l’ascenseur… » « L’ascenseur ? » « oui. Alors que nous étions coincés, que la nuit se refermait sur nous, que les ombres nous rattrapaient … soudain tout est revenu à la normale. Comme si rien ne s’était passé. Nous avons repris notre chemin normalement jusqu’au moment où nous avons quitté la ligne 14… et là la nuit est revenue sur nous. Là où nous étions l’agent de la ligne 14 ne pouvait plus nous voir, il avait fini son travail, nous avait mené à bon port, il pouvait nous oublier… maintenant nous sommes dans un lieu où jamais aucune caméra n’est entrée, un lieu oublié. Si un agent nous cherche il ne pourra pas nous trouver vu que nous ne sommes nulle part ! » « Tu ne crois pas que tu as forcé sur la bouteille ? » Malgré mes objections Rollover continua d’expliquer la théorie qu’il avait échafaudé. « Nous devons retrouver les couloirs classiques pour pouvoir rentrer dans notre réalité si quelqu’un repense à nous. » « Mais c’est de la science-fiction ! Nous serions dans une réalité parallèle à la nôtre où se retrouve tout ce qui a été oublié dans notre monde. Et nous serions entrés dans ce monde parce que les agents RATP nous ont oubliés ?? » « quelque chose comme ça, oui… » « mais les gens qui nous aiment, nos familles, nos amis, eux aussi nous ont oubliés ? » « je ne sais pas, mais tu penses toi tout le temps à ta famille, tes amis, aux gens que tu aimes surtout en pleine nuit ? tu as sans doute mieux à faire, dormir, ou aimer ou te faire aimer. Selon tes convenances.» « Sans doute » dis-je le désespoir dans la voix. « néanmoins nous avons encore une chance, regarde cette petite porte dans le mur… » Mais à ce moment-là, un murmure nous fit nous retourner. De nombreux rats nous entouraient en silence nous acculant au mur. Un rat plus gros que les autres commençait à montrer des dents. « Le chant » dis-je. « Quoi ? » « Tu te souviens de Catherine Deneuve ? Elle nous avait dit que la musique adoucit les moeurs» « hum ! oui ! de toutes façons au point où on en est… si ça se trouve ils parlent aussi comme dans Ratatouille… tu veux chanter quoi ? Dépêche j’en vois un qui montre les crocs» « une souris verte ? Non ce serait mal vu. Pourquoi connaît-on tant de chansons mais quand on en a besoin on ne se souvient de rien ? Je te proposerai bien une chanson de réconciliation ? » « Du genre ? » « J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer » « euh je t’ai laissé inventer cette histoire à ta guise mais là me ridiculiser en chantant faux du Mylène pour calmer des rats je suis pas sûr… » « Je préciserai qu’on avait eu une soirée bien arrosée je l’ai déjà indiqué je crois. Ca passera inaperçu. » « ok … » dit Rollover la mort dans l’âme… nous commençâmes quelques couplets mais loin de les calmer ça les excita encore plus » « ils ne doivent pas être gay… » « Ou ils n’aiment pas tout simplement… ? Tu crois pas que c’est plus simple que de lancer des supputations sur la sexualité des rats ? Tu veux faire une étude sociologique ? et je n’ai jamais aimé cet anthropomorphisme absurde… » un regard vers moi et il dit alors « Excuse-moi je suis tendu»

ils allaient attaquer, je mis alors mon sac à dos face à eux pour nous protéger. Nous entendîmes alors une mélodie triste et vieillotte que je n’oublierai jamais qui me rendit mélancolique et calma les rats. Le temps de flottement étant passé ils laissèrent l’accès à la petite porte en bois vermoulue. Partir, retrouver la civilisation, quitter l’oubli après y avoir goûté, véritable espoir de futur, marcher sans se retourner en espérant qu’ils ne changent pas d’avis et surtout ne pas, ne surtout pas se retourner comme … Orphée. Bon ok j’exagère… » « Et si c’était un piège ? A chaque fois on nous a mené là où l’on voulait nous emmener. » Mais j’étais déjà entré et dans un dernier regard dans la pièce que nous venions de quitter Rollover vit le sdf au chapeau de cowboy au milieu des rats rire de notre inconscience et de notre possible infortune ? Et si Rollover s'était trompé?

(la suite au prochain épisode)

15/07/2008

15/07/08 - 23:15

sueurs nocturnes au clair de rail... 7



Comme un enfant pris sur le fait Rollover s’énerva. « mais enfin t’es pas ma mère ! » « et puis ne me dit pas que tu as eu plus peur que dans l’ascenseur … »

Entendant l’interphone se rallumer, Rollover se précipita dessus et poussa le bouton

« allo ? » dit-il d’une voix déterminée mais un peu tendue. « nous sommes coincés dans un ascenseur de la ligne 14. vous m’entendez ? répondez s’il-vous–plait ! » pendant ce temps, des ombres de plus en plus nombreuses passaient devant les lanternes de sécurité.

Le visage plaqué contre la vitre je les observais sans bouger. Elles ne semblaient pas nous avoir repérés dans notre cage de verre.

N’entendant pas de réponse à son appel Rollover commençait à s’énerver. Il tenta d’ouvrir la porte de la cabine pour au moins nous apporter un peu d’air et espérer nous faire sortir. L’espace d’un instant l’air moite du métro pénétra dans la cabine. Mais bientôt Rollover lâcha prise emprisonnant avec nous le peu de nouvel air difficilement récupéré.

Dans un dernier souffle quelques poussières entrèrent encore dans cet environnement confiné me chatouillant les narines. Il ne fallut que quelques secondes pour que notre incognito fut révélé par mon éternuement sonore.

Pendant quelques secondes de flottement, les yeux rivés sur les ombres en bas, je retins mon souffle comme pour atténuer le son précédemment produit. Mais un bruissement dans l’air me rappela à la réalité. Je tressaillis.

Les ombres approchaient, elles nous avaient entendu, elles nous sentaient maintenant…

Toujours muet je saisis le bras de Rollover, le pressant de retenter son appel. « aidez-nous nous ne sommes pas seuls ici » « s’il-vous-plait !! » martela-t-il !

« Ca grouille à l’étage du dessous. » dis-je « ca s’approche » et me saisis de l’extincteur. « argh ça monte le long du câble » « c’est quoi ? » on dirait des rongeurs…
et brusquement la lumière de l’ascenseur s’alluma, la cabine s’éleva, nous emportant avec elle dans sa lumière à l’abri des ombres d’en bas.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur le noir… en bas l’inquiétante clameur des ombres…

Rollover utilisa sa loupiote de porte-clef et s’enfonça résolument dans le noir…

Nous nous engageâmes sur le chemin tant de fois parcouru sans y faire attention, abêti par l’habitude et la routine de chaque trajet matinal.

Dans la lumière mouvante de la torche le lieu paraissait différent, prenant presque vie… naturellement nous nous étions mis à courir. Soudain Rollover me saisit le bras en me disant « attends »

Je sortis un timide « mais ? » « tu n’entends rien ? » répondit-il. Encore plus affolé que précédemment je dressais une oreille attentive et rapidement répondit. « non… » comme si c’était le moment d’écouter le vent… mais c’était vrai, à part nos respirations, le silence avait regagné son royaume souterrain.

Le temps de le réaliser et la lumière s’était allumée, nous laissant au milieu du couloir la torche à la main avec des airs de bête traquée…

Nous étions au milieu d’un couloir dont l’issue était bloquée par une grille. Puis La voix de la ligne 14 résonna dans les hauts-parleurs... "Le type au sac à dos noir tournez à droite pour sortir place du châtelet" Vous l'aviez deviné je suis le "type au sac à dos noir" Rollover qui m'accompagne n'a même pas de qualificatif ... l’air de rien Rollover range prestement sa loupiote. Inutile de comprendre l’alcool sans doute est la clef de cet étonnant moment vécu. D’un coup l’angoisse s’était estompée, nous étions revenus à la civilisation. Guidés par cette voix qui nous ouvrait une nouvelle issue nous rejoignions le métro normal là où la voix bienveillante n'a plus accès. Nous empruntâmes le quai de la ligne 4, perturbant sur leur terrain de jeu les rats gambadants. Seul être humain croisé à ce moment-là, un SDF coiffé d’un chapeau de cowboy cachant son visage, apparemment assoupi sur un siège. Mais à notre passage j’eus l’impression étrange qu’il souriait derrière son couvre-chef.

L’espace d’un instant je me maudis d’avoir vu trop de films basés sur l’œuvre de Stephen King. Et pourquoi pas des poubelles maudites prenant vie pour nous ôter la nôtre… pensais-je.

Nous tombâmes alors sur le grand couloir au trottoir roulant… quelques mètres étaient franchis avec le trottoir roulant que celui-ci s’arrêta. « ah non » cria Rollover comme si sa voix pouvait arrêter la suite des événements…

Un grondement de petits pas se fit entendre… et la lumière s’était éteinte…

« comme nous avons couru… » dis-je
« mais maintenant c’est fini nous sommes au bout de notre course » expliqua Rollover. Je crois avoir compris ce qui se trame ici…

(la suite au prochain épisode)

12/07/2008

12/07/08 - 00:54

sueurs nocturnes au clair de rail... 6



Je m’arrête pile. Les yeux à l’affut, j’observe les alentours. Rapidement je détecte un petit coin où je me cache. Je pense à Alien et au souffle de la bête. Comme j’aimerais une épaule solide contre laquelle me blottir. N’y a-t-il aucun homme ici ? Si… moi… Personne d’autre ??? personne… bon va falloir se résigner…

Le temps de se remonter le moral, euh d’évaluer la situation et me voilà accroupi à ouvrir mon fameux sac noir… j’y trouve une petite trousse verte à l’air apparemment banal. Tel un super héros, j’ai moi aussi une arme secrète… que je ne sors que dans l’intimité...

J’extrais de la trousse un étrange stylo assez volumineux. J’ôte le capuchon et y applique un mystérieux embout que je décapuchonne aussi.
Armé de ce mystérieux instrument porté tel un javelot je me rapproche avec prudence du centre de la pièce. Derrière la pile de livres qui me cache à la vue de la bête gluante je m’apprête à frapper.

On s’agite derrière, avec frénésie des pages de livres sont tournées.
J’avise un petit passage où je me glisse. Va falloir que je fasse plus de piscine…

La bête semble plus petite que prévu. Le sol n’est pas recouvert de sa bave luisante et collante. Son corps est couvert d’une tunique marron à capuche. Et la morphologie que je discerne ressemble étrangement à un être humain.

Je me sens à l’étroit dans cet espace réduit, j’ai peur de respirer. Après quelques minutes enfin mon bras se lève le pouce prêt à appuyer sur le bouton poussoir.

Mon bras s’abat implacable vers le but. La bête n’a rien senti. Ma bouche s’éclaire déjà d’un sourire victorieux. Mais à peine ai-je démarré qu’une main bloqua la descente inévitable de mon bras.

En une fraction de seconde la bête s’était retournée et le visage de Rollover me faisait face. Souriant mais légèrement tendu.

Mais t’es taré ? vouloir m’injecter une si forte dose d’insuline, tu voulais me tuer ou quoi ?

Mon bras retomba et tout penaud je dis « je croyais que tu avais été capturé par une bête, tu ne répondais pas à mes appels… j’ai donc utilisé mon arme fatale… »

« ah oui ? tu voulais faire de moi une nouvelle Sunny Von Bulow ? » A travers son ironie je ressentais un soulagement nous étions à nouveau réunis. Il retira de mes mains le stylo injecteur et après l’avoir posé soigneusement me serra dans ses bras. « J’étais si inquiet mais pourquoi es-tu parti sans rien dire comme ça ? » sans m’en rendre compte je répétais les paroles de mes parents lors de mon enfance.

(la suite au prochain épisode)

11/07/2008

03/07/2008

03/07/08 - 21:10

Un peu de patience demandée ;-)

Suite à une coupure d'internet (merci le degroupage total chez orange ) je peux difficilement écrire la suite des sueurs nocturnes au clair de rail même avec le t9 . Je taperai ces textes dès que je le pourrai. À bientôt

25/06/2008

25/06/08 - 02:35

sueurs nocturnes au clair de rail... 5



La gorge sèche, j'avalais le peu de salive qui me restait et lançais un timide "Rollover?" Seul le cliquetis de plus en plus oppressant des cafards me répondit. D'un bond je me levais pris d'une envie soudaine de poudre d'escampette... Debout je vis les choses différemment. J'étais seul, sans Baygon à la main, sans fouet, sans chapeau d'aventurier dans une salle qui semblait s'étendre à perte de vue contrairement à ce que j'avais imaginé au départ. Mais je ne me laisserai pas faire, je retrouverai Rollover... Je leur en ferai voir à ces foutues bestioles! Vite un inventaire... Une carte de transport Navigo, des clefs, le traditionnel mouchoir usagé et mon fameux sac noir... Mais que peut-il bien cacher? Je crois qu'à un moment je devrais arrêter avec l'imagination fertile. Que va faire un bouquin de P.D James contre une bande de cafards? ...

Assis j'avais l'impression d'être dans un couloir à cause des objets, bouquins disposés en pile à côté de moi mais en me levant je me retrouvais dans un labyrinthe délimité par des objets tous plus étranges les uns que les autres... Je décidais de faire le tour du propriétaire. J'avance à pas de loup et je me laisse absorber par l'ambiance un peu étrange de la salle... Des objets les plus hétéroclites les uns que les autres, pendus au plafond pour certains, attachés au mur pour d'autres, entassés en colonnes aux hauteurs imposantes passent devant mes yeux tellement étonnés qu'ils ont fini de cligner... On dirait un musée, que dis-je un tombeau de tous ces choses inutiles que notre monde a créé.

Je continue à longer le mur seule réalité tangible à mes yeux sans arriver à en faire le tour. Pourtant je dois quitter la sécurité de ce mur pour retrouver Rollover... Je n'ose pas l'appeler car j'ai peur de réveiller quelque bête étrange à l'instinct bien évidemment sanguinaire. Au moment de quitter le mur protecteur, un frisson me parcourt l'échine... Je m'apprête à quitter le port pour m'enfoncer vers l'inconnu. Adieu terre amie, qui a abrité mes amours improbables, je vais à la recherche de Rollover... Ne m'oublie pas terre ingrate (enfin toutes mes conneries oui! ;-) )

Me voilà dans l'antre de la bête? Tel un marin sans boussole je navigue à vue dans les eaux profondes loin de la quiétude du rivage. Bientôt à l'endroit qui me parait être le centre de la pièce je vois un amas plus gros d'objets, de livres. Je m'empresse, mon pas me porte plus vite vers le but. Oubliant toute précaution je commence presque à courir... Mais brusquement du bruit freine mon enthousiasme soudain. Quelqu'un ou quelque chose s'agite au milieu de ce fourbis...

(la suite au prochain épisode)

20/06/2008

20/06/08 - 00:00

il est fini ce temps-là

un jour mon Prince viendra... Voilà ce qu'on dit mais je crois qu'il a dû se perdre en route ... Sans doute un Parisien perturbé dès qu'il passe le périphérique. ;-)
Alors pour ce charmant Prince: j'ai à sa disposition un plan RATP très bien fait avec plein de couleurs. Un téléphone pour suivre en direct son avancée, des jambes pour aller le chercher à la gare et oui je ne suis qu'à 7 minutes de la gare à pied (quel veinard! il peut se permettre d'être paresseux!). Limite quand même je n'ai pas de chaise à porteurs... . J'ai un petit kit de premiers soins au cas où il aurait été attaqué par quelque créature monstrueuse... Des boules Quiès pour qu'il ne se laisse pas charmer immodérément par le chant des oiseaux... Je ne parle pas d'épée pour couper des buissons car on risque de sombrer dans un texte à double-sens... ;-) S'il a la chance d'avoir un torse poilu je me ferai un plaisir de faire une tapisserie avec. Mais non, voyons c'est une blague!! Il est vrai cependant qu'un torse poilu rajoutera à son charme ... En même temps quelle bêtise, l'amour ne s'accroche pas à des poils... S'il est chez Bouygues il aura la chance de pouvoir discuter avec moi au tél pendant des heures... J'ose pas imaginer l'état de nos cerveaux respectifs après l'exposition prolongée aux ondes du téléphone... ;-) Cette recherche est loin d'être pressée, qu'il prenne donc son temps.

15/06/2008

15/06/08 - 23:57

sueurs nocturnes au clair de rail

bientôt ... l'écriture est bientôt terminée ;-)
Qu'est devenu Rollover?
Le flashback va-t-il se terminer?
Vous en saurez plus en lisant "sueurs nocturnes au clair de rail 5 et 6"

08/06/2008

08/06/08 - 12:05

sueurs nocturnes au clair de rail... 4



Tout s'était passé très vite... Tel un serpent le voile noir semblable à un linceul s'était mis à glisser laissant apparaitre le visage diaphane d'une jeune femme. Malgré ses lèvres désespérément closes, nous entendîmes "La musique peut adoucir les moeurs" et elle pointa son index translucide vers une zone sombre. Ce moment de grâce et d'accalmie fut de courte durée...
Au moment où le linceul noir toucha terre, la vision s'estompa totalement et la zone libre qu'elle occupait fut envahie de cafards qui grouillaient.
Toute issue était bloquée, il ne restait que la direction indiquée par l'apparition... Sous l'éclairage de la loupiote de Rollover apparut à nos yeux étonnés une porte dérobée, seule issue possible désormais. Nous ne l'avions pas remarquée tout à l'heure.
Nous reprîmes notre course, je tendis la main vers la clenche convaincu qu'elle ne s'ouvrirait pas à la première pression... J'actionnais la poignée qui ne montra aucune résistance et emporté par mon élan je fus projeté à l'intérieur et trébuchai par terre dans un nuage de poussière. Rollover arriva juste après et referma la porte avec force. Elle claqua comme une cloche. Derrière nous entendions les grattements des rats contre la porte et un étrange bruit de masticage.

Rompant avec ce silence un peu morbide que nous nous étions imposés, Rollover me dit alors: "Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Catherine Deneuve?" Je répondis avec élégance "Hein??" et m'écroulais par terre en glissant contre le mur auquel je m'adossais. Rollover: "Tu crois pas que c'était Catherine Deneuve? Cette même blondeur, ces traits? Le Dernier métro?" Que répondre à celà, ma tête était assez embrouillée pour penser à des considérations cinématographiques. Je restais alors quelques instants, les yeux clos, l'air hébété. Après quelques minutes, les yeux fermés je m'exclamais "Qu'est-ce qu'on fait? En plus j'ai soif! Et puis arrête de gratter c'est agaçant!" La seule réponse que j'aurais pu avoir était l'écho, mais il n'y en avait pas... J'ouvris alors les yeux. Je ne voyais plus Rollover, je ne voyais plus rien, rien d'autre que la nuit. Mes yeux habitués à la nuit maintenant essayaient de capter la moindre source lumineuse... Le cliquetis angoissant continuait et semblait même augmenter en intensité. Je soulevais mon pied et l'abbatis sur la source de bruit la plus proche. Ce fut un grand scratch. A ce moment-là, la lumière m'éblouit, l'éclairage était revenu. Je regardais alors instinctivement à mes pieds et vit une file indienne grossissante de cafards... "Oh non" pensais-je. Je vais avoir plein d'oeufs de cafards coincés dans ma chaussure... Ils vont pulluler ensuite chez moi si je les nettoie pas. Il faut que je javellise mes chaussures? " Je levais alors les yeux, ahuri, sur le décor étonnant qui m'entourait. Mais où avait bien pu passer Rollover?

(la suite au prochain épisode)

08/06/08 - 11:32

rêverie

Arrêter le temps
Avoir ce pouvoir
Sur les gens et les bêtes de réveiller l'espoir
Sur les flammes de nos vies d'empêcher l'éteignoir
De souffler sur nous sa sordide victoire

08/06/08 - 02:47

sueurs nocturnes au clair de rail... 3



Nous arrivâmes enfin dans les couloirs de la ligne 14. Sous la voûte se répercutait le son d'un train qui venait de partir. Un coup d'escalator plus tard et nous étions enfin sur le quai. Rollover rassuré, s'apprêtait à quitter la station son engagement accompli. Mais mes yeux se portèrent sur l'écran d'information d'arrivée des métros. Celui-ci était hors fonction. Quelques pas nous permirent de constater qu'ils étaient tous dans ce cas. Résigné à attendre sans être averti je m'assis sur un banc. Je remarquais alors que le quai ainsi que celui d'en face étaient vides. L'absence de bruit était désormais sensible. Rollover retarda encore son départ. Au bout de quelques minutes une voix dans les hauts-parleurs affirma : "le trafic est terminé sur la ligne 14. Veuillez rejoindre la surface" Une ou 2 petites râleries plus tard, nous décidâmes de prendre l'ascenseur pour remonter à l'étage supérieur, emportés par une envie de paresse. La porte se referma bien vite sur nous, comme si la machine était pressée de trouver le repos. La cabine s'éleva de quelques mètres et s'arrêta d'un coup. Et le courant fut coupé. A travers la cabine transparente nous voyions les voies encore éclairées par les lumières de sureté. Nos yeux s'habituant au noir nous commencèrent à fureter un peu partout pour voir si quelqu'un viendrait à notre aide. L'appui sur le bouton d'alarme de l'ascenseur n'ayant rien donné nous étions dans l'expectative. Soudain devant les lumières des voies passèrent plusieurs ombres rapides, sans bruit. "Tu as vu?" dis-je. "Un truc bizarre qui se déplaçait vite" répondit Rollover. Respirer un grand coup dans l'air vicié de la cabine... A ce moment-là l'interphone de l'ascenseur sembla revenir sous tension sans qu'aucun son à part le bruit de fond n'en sorte...

(la suite au prochain épisode)

08/06/08 - 02:22

idée

Telle la brise champêtre
je vais je viens et jamais ne m'arrête
à la recherche de l'âme à mes yeux parfaite
qui se liera à ma destinée jusqu'à ce qu'elle s'arrête

02/06/2008

02/06/08 - 00:08

sueurs nocturnes au clair de rail... 2

A 4 nous avions pris le métro, presque toute la totalité de la ligne 11 se déroula sans nous en rendre compte... Mais elle se vidait régulièrement... Nous n'étions plus que 2 dans le wagon... "Châtelet terminus tout le monde descend" indiqua la voix monocorde du conducteur... Fatigués nous nous dirigeâmes vers la correspondance. On entendait de plus en plus souvent des messages indiquant la fin de service. Nous croisions des touristes égarés se dirigeant vers la sortie. Rollover inquiet d'entendre le silence s'emparer des couloirs proposa de m'accompagner jusqu'à la fameuse ligne 14 à l'opposé des autres voyageurs. Nous hésitions à courir.
Nous n'aurions pas dû...

Nous empruntons le couloir sombre. J'entends le souffle rassurant de Rollover à mes côtés même si je sens presque les museaux frémissants des rats juste sur nos talons. J'ai l'impression qu'ils se rapprochent... Je ne peux m'empêcher de penser à mes rappels de vaccins pour savoir si je suis en règle au cas où l'un d'eux me ... mordrait. Ce couloir est-il donc si long? J'ai pourtant l'impression qu'avec le bruit de notre course on devrait nous entendre mais nous sommes sous terre. En face de nous, 2 couloirs se présentent. Sur notre gauche le bruit d'autres rats qui viennent se joindre à la fête... J'avale difficilement ma salive... Un rat ça mange un homme? Avec toutes les cochonneries que j'ai dû manger je ne dois pas avoir bon goût... Et à droite un couloir vide d'où vient un autre bruit de ... pas. Pourtant nous ne voyons toujours rien... Nous continuons à courir. Et tout s'enchaine très vite... Juste un bruit d'étoffe qu'on soulève... Et au même moment un rayon de lune nous éblouit...

(la suite au prochain épisode)


31/05/2008

31/05/08 - 01:33

sueurs nocturnes au clair de rail... 1

Sortir, trouver une issue vite... Le temps s'écoule inexorablement et bientôt le silence se refermera sur nous pour une nuit... Déjà les rats ont investi la place... Mais comment en suis-je arrivé là?

Respirer un bon coup pour atténuer les troubles de l'alcool...

Ca y est, j'y suis je sortais d'une soirée anniversaire avec Rollover... On quittait cette soirée à regret mais il fallait bien pour rentrer avec le dernier métro...

Un cri aigu de rat me rappelle à la réalité. Rollover continue à courir à côté de moi éclairant de la petite torche accrochée à son porte-clef le chemin sombre qui s'ouvre devant nous...


(la suite au prochain épisode)





30/05/2008

30/05/08 - 02:17

Film: 2 jours à tuer



Comment parler d'un film sans en donner la fin, cette clé qui permet de comprendre ou sinon d'entrevoir la vérité d'un personnage?

Antoine a tout pour être heureux selon le modèle colporté actuellement par la société:
Une jeune épouse amoureuse, visiblement attentionnée, deux enfants adorables, des amis présents, une belle maison, un métier lucratif. Le rêve moderne en somme?
Et pourtant il décide de tout détruire, de rompre le fragile équilibre du bonheur englué dans les illusions, les certitudes qui vous donnent l'impression de maitriser votre destin.
Il crache au visage de chacun ses petites fêlures, ses illusions, qui permettent de se satisfaire de son existence, de s'imaginer être heureux. Comme si le bonheur de l'être humain consistait juste à l'imaginer pas à le vivre. Les images bien lisses se fissurent, les propos bien pensants trouvent leur contradicteur, la bonne conscience ne résiste pas à la vérité assénée à coups de butoirs. Mais dévoiler aux autres leur propre vérité, n'est-ce pas pour éviter de voir la sienne?

Un film, vous l'avez compris sur les illusions de bonheur avec une pléaïade de bons acteurs , qui pour certains jouent avec leur image (Cristiana Reali) et un Albert Dupontel qui campe parfaitement bien le quadragénaire en pleine réflexion sur sa vie. Ce film nous interroge: le bonheur mythe ou réalité dans nos sociétés occidentales?
La réalité est-elle si désespérante et difficile ou si éloignée de l'image que nous présente la société, qu'il faille la nourrir d'illusions pour croire au bonheur?
La bien pensance est-elle un réflexe pour se donner bonne conscience et se préserver de cette abrupte réalité?

A voir, si vous ne vivez pas dans une illusion de bonheur...

30/05/08 - 01:39

sueurs nocturnes au clair de rail...

laissez-moi un peu de temps pour écrire l'histoire romancée de notre nuit prisonnière du métro ;-)