La fabrique des sentiments: un film... qui ressemble à du vécu
Le plus terrible dans ce film ce n'est peut-être pas la solitude de l'héroïne, sa quête d'absolu mais de se rappeler avoir vécu certaines des scènes présentées. Et les rires dans la salle vous confirment que vous n'êtes pas le seul. Comme si cette histoire était plus ou moins l'histoire des adultes d'aujourd'hui. L'histoire d'une solitude résultat d'une certaine liberté et de nombreuses exigences individualistes. Une impression de grande liberté, d'être unique et original. Pourtant combien sommes-nous à pouvoir s'identifier à ce personnage en quête d'absolu, incapable de tirer les conclusions de l'histoire de ses prédécesseurs et de sa propre maladie pour sa recherche du bonheur? C'est un film sur une époque, et une philosophie de vie qui montre ses limites.
Un monde qui ne serait plus qu'une somme d'individualités et non plus d'associations binaires pour lutter contre les épreuves de la vie. Un triste constat de l'égoïsme ambiant.
Dans ce film on note aussi que plus on a de raisons d'être heureux moins on l'est. Le personnage principal est clerc de notaire, belle, intelligente et pourtant... Trop d'intelligence et de connaissances rendrait-il insatisfait? ;-)
On peut saluer la performance d'Elsa Zylberstein, qui habite son personnage, et qui a à un moment des airs d'Isabelle Adjani (son profil quand elle est coiffée d'un fichu).