25/06/2008sueurs nocturnes au clair de rail... 5
La gorge sèche, j'avalais le peu de salive qui me restait et lançais un timide "Rollover?" Seul le cliquetis de plus en plus oppressant des cafards me répondit. D'un bond je me levais pris d'une envie soudaine de poudre d'escampette... Debout je vis les choses différemment. J'étais seul, sans Baygon à la main, sans fouet, sans chapeau d'aventurier dans une salle qui semblait s'étendre à perte de vue contrairement à ce que j'avais imaginé au départ. Mais je ne me laisserai pas faire, je retrouverai Rollover... Je leur en ferai voir à ces foutues bestioles! Vite un inventaire... Une carte de transport Navigo, des clefs, le traditionnel mouchoir usagé et mon fameux sac noir... Mais que peut-il bien cacher? Je crois qu'à un moment je devrais arrêter avec l'imagination fertile. Que va faire un bouquin de P.D James contre une bande de cafards? ...
Assis j'avais l'impression d'être dans un couloir à cause des objets, bouquins disposés en pile à côté de moi mais en me levant je me retrouvais dans un labyrinthe délimité par des objets tous plus étranges les uns que les autres... Je décidais de faire le tour du propriétaire. J'avance à pas de loup et je me laisse absorber par l'ambiance un peu étrange de la salle... Des objets les plus hétéroclites les uns que les autres, pendus au plafond pour certains, attachés au mur pour d'autres, entassés en colonnes aux hauteurs imposantes passent devant mes yeux tellement étonnés qu'ils ont fini de cligner... On dirait un musée, que dis-je un tombeau de tous ces choses inutiles que notre monde a créé.
Je continue à longer le mur seule réalité tangible à mes yeux sans arriver à en faire le tour. Pourtant je dois quitter la sécurité de ce mur pour retrouver Rollover... Je n'ose pas l'appeler car j'ai peur de réveiller quelque bête étrange à l'instinct bien évidemment sanguinaire. Au moment de quitter le mur protecteur, un frisson me parcourt l'échine... Je m'apprête à quitter le port pour m'enfoncer vers l'inconnu. Adieu terre amie, qui a abrité mes amours improbables, je vais à la recherche de Rollover... Ne m'oublie pas terre ingrate (enfin toutes mes conneries oui! ;-) )
Me voilà dans l'antre de la bête? Tel un marin sans boussole je navigue à vue dans les eaux profondes loin de la quiétude du rivage. Bientôt à l'endroit qui me parait être le centre de la pièce je vois un amas plus gros d'objets, de livres. Je m'empresse, mon pas me porte plus vite vers le but. Oubliant toute précaution je commence presque à courir... Mais brusquement du bruit freine mon enthousiasme soudain. Quelqu'un ou quelque chose s'agite au milieu de ce fourbis...
(la suite au prochain épisode) 20/06/2008il est fini ce temps-làun jour mon Prince viendra... Voilà ce qu'on dit mais je crois qu'il a dû se perdre en route ... Sans doute un Parisien perturbé dès qu'il passe le périphérique. ;-)
Alors pour ce charmant Prince: j'ai à sa disposition un plan RATP très bien fait avec plein de couleurs. Un téléphone pour suivre en direct son avancée, des jambes pour aller le chercher à la gare et oui je ne suis qu'à 7 minutes de la gare à pied (quel veinard! il peut se permettre d'être paresseux!). Limite quand même je n'ai pas de chaise à porteurs... . J'ai un petit kit de premiers soins au cas où il aurait été attaqué par quelque créature monstrueuse... Des boules Quiès pour qu'il ne se laisse pas charmer immodérément par le chant des oiseaux... Je ne parle pas d'épée pour couper des buissons car on risque de sombrer dans un texte à double-sens... ;-) S'il a la chance d'avoir un torse poilu je me ferai un plaisir de faire une tapisserie avec. Mais non, voyons c'est une blague!! Il est vrai cependant qu'un torse poilu rajoutera à son charme ... En même temps quelle bêtise, l'amour ne s'accroche pas à des poils... S'il est chez Bouygues il aura la chance de pouvoir discuter avec moi au tél pendant des heures... J'ose pas imaginer l'état de nos cerveaux respectifs après l'exposition prolongée aux ondes du téléphone... ;-) Cette recherche est loin d'être pressée, qu'il prenne donc son temps. 15/06/2008sueurs nocturnes au clair de rail bientôt ... l'écriture est bientôt terminée ;-)
Qu'est devenu Rollover?
Le flashback va-t-il se terminer?
Vous en saurez plus en lisant "sueurs nocturnes au clair de rail 5 et 6" 08/06/2008sueurs nocturnes au clair de rail... 4
Tout s'était passé très vite... Tel un serpent le voile noir semblable à un linceul s'était mis à glisser laissant apparaitre le visage diaphane d'une jeune femme. Malgré ses lèvres désespérément closes, nous entendîmes "La musique peut adoucir les moeurs" et elle pointa son index translucide vers une zone sombre. Ce moment de grâce et d'accalmie fut de courte durée...
Au moment où le linceul noir toucha terre, la vision s'estompa totalement et la zone libre qu'elle occupait fut envahie de cafards qui grouillaient.
Toute issue était bloquée, il ne restait que la direction indiquée par l'apparition... Sous l'éclairage de la loupiote de Rollover apparut à nos yeux étonnés une porte dérobée, seule issue possible désormais. Nous ne l'avions pas remarquée tout à l'heure.
Nous reprîmes notre course, je tendis la main vers la clenche convaincu qu'elle ne s'ouvrirait pas à la première pression... J'actionnais la poignée qui ne montra aucune résistance et emporté par mon élan je fus projeté à l'intérieur et trébuchai par terre dans un nuage de poussière. Rollover arriva juste après et referma la porte avec force. Elle claqua comme une cloche. Derrière nous entendions les grattements des rats contre la porte et un étrange bruit de masticage.
Rompant avec ce silence un peu morbide que nous nous étions imposés, Rollover me dit alors: "Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Catherine Deneuve?" Je répondis avec élégance "Hein??" et m'écroulais par terre en glissant contre le mur auquel je m'adossais. Rollover: "Tu crois pas que c'était Catherine Deneuve? Cette même blondeur, ces traits? Le Dernier métro?" Que répondre à celà, ma tête était assez embrouillée pour penser à des considérations cinématographiques. Je restais alors quelques instants, les yeux clos, l'air hébété. Après quelques minutes, les yeux fermés je m'exclamais "Qu'est-ce qu'on fait? En plus j'ai soif! Et puis arrête de gratter c'est agaçant!" La seule réponse que j'aurais pu avoir était l'écho, mais il n'y en avait pas... J'ouvris alors les yeux. Je ne voyais plus Rollover, je ne voyais plus rien, rien d'autre que la nuit. Mes yeux habitués à la nuit maintenant essayaient de capter la moindre source lumineuse... Le cliquetis angoissant continuait et semblait même augmenter en intensité. Je soulevais mon pied et l'abbatis sur la source de bruit la plus proche. Ce fut un grand scratch. A ce moment-là, la lumière m'éblouit, l'éclairage était revenu. Je regardais alors instinctivement à mes pieds et vit une file indienne grossissante de cafards... "Oh non" pensais-je. Je vais avoir plein d'oeufs de cafards coincés dans ma chaussure... Ils vont pulluler ensuite chez moi si je les nettoie pas. Il faut que je javellise mes chaussures? " Je levais alors les yeux, ahuri, sur le décor étonnant qui m'entourait. Mais où avait bien pu passer Rollover?
(la suite au prochain épisode) rêverieArrêter le temps
Avoir ce pouvoir
Sur les gens et les bêtes de réveiller l'espoir
Sur les flammes de nos vies d'empêcher l'éteignoir
De souffler sur nous sa sordide victoire sueurs nocturnes au clair de rail... 3
Nous arrivâmes enfin dans les couloirs de la ligne 14. Sous la voûte se répercutait le son d'un train qui venait de partir. Un coup d'escalator plus tard et nous étions enfin sur le quai. Rollover rassuré, s'apprêtait à quitter la station son engagement accompli. Mais mes yeux se portèrent sur l'écran d'information d'arrivée des métros. Celui-ci était hors fonction. Quelques pas nous permirent de constater qu'ils étaient tous dans ce cas. Résigné à attendre sans être averti je m'assis sur un banc. Je remarquais alors que le quai ainsi que celui d'en face étaient vides. L'absence de bruit était désormais sensible. Rollover retarda encore son départ. Au bout de quelques minutes une voix dans les hauts-parleurs affirma : "le trafic est terminé sur la ligne 14. Veuillez rejoindre la surface" Une ou 2 petites râleries plus tard, nous décidâmes de prendre l'ascenseur pour remonter à l'étage supérieur, emportés par une envie de paresse. La porte se referma bien vite sur nous, comme si la machine était pressée de trouver le repos. La cabine s'éleva de quelques mètres et s'arrêta d'un coup. Et le courant fut coupé. A travers la cabine transparente nous voyions les voies encore éclairées par les lumières de sureté. Nos yeux s'habituant au noir nous commencèrent à fureter un peu partout pour voir si quelqu'un viendrait à notre aide. L'appui sur le bouton d'alarme de l'ascenseur n'ayant rien donné nous étions dans l'expectative. Soudain devant les lumières des voies passèrent plusieurs ombres rapides, sans bruit. "Tu as vu?" dis-je. "Un truc bizarre qui se déplaçait vite" répondit Rollover. Respirer un grand coup dans l'air vicié de la cabine... A ce moment-là l'interphone de l'ascenseur sembla revenir sous tension sans qu'aucun son à part le bruit de fond n'en sorte...
(la suite au prochain épisode)
idéeTelle la brise champêtre
je vais je viens et jamais ne m'arrête
à la recherche de l'âme à mes yeux parfaite
qui se liera à ma destinée jusqu'à ce qu'elle s'arrête 02/06/2008sueurs nocturnes au clair de rail... 2A 4 nous avions pris le métro, presque toute la totalité de la ligne 11 se déroula sans nous en rendre compte... Mais elle se vidait régulièrement... Nous n'étions plus que 2 dans le wagon... "Châtelet terminus tout le monde descend" indiqua la voix monocorde du conducteur... Fatigués nous nous dirigeâmes vers la correspondance. On entendait de plus en plus souvent des messages indiquant la fin de service. Nous croisions des touristes égarés se dirigeant vers la sortie. Rollover inquiet d'entendre le silence s'emparer des couloirs proposa de m'accompagner jusqu'à la fameuse ligne 14 à l'opposé des autres voyageurs. Nous hésitions à courir.
Nous n'aurions pas dû...
Nous empruntons le couloir sombre. J'entends le souffle rassurant de Rollover à mes côtés même si je sens presque les museaux frémissants des rats juste sur nos talons. J'ai l'impression qu'ils se rapprochent... Je ne peux m'empêcher de penser à mes rappels de vaccins pour savoir si je suis en règle au cas où l'un d'eux me ... mordrait. Ce couloir est-il donc si long? J'ai pourtant l'impression qu'avec le bruit de notre course on devrait nous entendre mais nous sommes sous terre. En face de nous, 2 couloirs se présentent. Sur notre gauche le bruit d'autres rats qui viennent se joindre à la fête... J'avale difficilement ma salive... Un rat ça mange un homme? Avec toutes les cochonneries que j'ai dû manger je ne dois pas avoir bon goût... Et à droite un couloir vide d'où vient un autre bruit de ... pas. Pourtant nous ne voyons toujours rien... Nous continuons à courir. Et tout s'enchaine très vite... Juste un bruit d'étoffe qu'on soulève... Et au même moment un rayon de lune nous éblouit...
(la suite au prochain épisode)

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