sueurs nocturnes au clair de rail... 4
Tout s'était passé très vite... Tel un serpent le voile noir semblable à un linceul s'était mis à glisser laissant apparaitre le visage diaphane d'une jeune femme. Malgré ses lèvres désespérément closes, nous entendîmes "La musique peut adoucir les moeurs" et elle pointa son index translucide vers une zone sombre. Ce moment de grâce et d'accalmie fut de courte durée...
Au moment où le linceul noir toucha terre, la vision s'estompa totalement et la zone libre qu'elle occupait fut envahie de cafards qui grouillaient.
Toute issue était bloquée, il ne restait que la direction indiquée par l'apparition... Sous l'éclairage de la loupiote de Rollover apparut à nos yeux étonnés une porte dérobée, seule issue possible désormais. Nous ne l'avions pas remarquée tout à l'heure.
Nous reprîmes notre course, je tendis la main vers la clenche convaincu qu'elle ne s'ouvrirait pas à la première pression... J'actionnais la poignée qui ne montra aucune résistance et emporté par mon élan je fus projeté à l'intérieur et trébuchai par terre dans un nuage de poussière. Rollover arriva juste après et referma la porte avec force. Elle claqua comme une cloche. Derrière nous entendions les grattements des rats contre la porte et un étrange bruit de masticage.
Rompant avec ce silence un peu morbide que nous nous étions imposés, Rollover me dit alors: "Tu ne trouves pas qu'elle ressemble à Catherine Deneuve?" Je répondis avec élégance "Hein??" et m'écroulais par terre en glissant contre le mur auquel je m'adossais. Rollover: "Tu crois pas que c'était Catherine Deneuve? Cette même blondeur, ces traits? Le Dernier métro?" Que répondre à celà, ma tête était assez embrouillée pour penser à des considérations cinématographiques. Je restais alors quelques instants, les yeux clos, l'air hébété. Après quelques minutes, les yeux fermés je m'exclamais "Qu'est-ce qu'on fait? En plus j'ai soif! Et puis arrête de gratter c'est agaçant!" La seule réponse que j'aurais pu avoir était l'écho, mais il n'y en avait pas... J'ouvris alors les yeux. Je ne voyais plus Rollover, je ne voyais plus rien, rien d'autre que la nuit. Mes yeux habitués à la nuit maintenant essayaient de capter la moindre source lumineuse... Le cliquetis angoissant continuait et semblait même augmenter en intensité. Je soulevais mon pied et l'abbatis sur la source de bruit la plus proche. Ce fut un grand scratch. A ce moment-là, la lumière m'éblouit, l'éclairage était revenu. Je regardais alors instinctivement à mes pieds et vit une file indienne grossissante de cafards... "Oh non" pensais-je. Je vais avoir plein d'oeufs de cafards coincés dans ma chaussure... Ils vont pulluler ensuite chez moi si je les nettoie pas. Il faut que je javellise mes chaussures? " Je levais alors les yeux, ahuri, sur le décor étonnant qui m'entourait. Mais où avait bien pu passer Rollover?
(la suite au prochain épisode)
09/06/08 - 16:31
Alcoolique !
pbstrd