sueurs nocturnes au clair de rail... 6
Je m’arrête pile. Les yeux à l’affut, j’observe les alentours. Rapidement je détecte un petit coin où je me cache. Je pense à Alien et au souffle de la bête. Comme j’aimerais une épaule solide contre laquelle me blottir. N’y a-t-il aucun homme ici ? Si… moi… Personne d’autre ??? personne… bon va falloir se résigner…
Le temps de se remonter le moral, euh d’évaluer la situation et me voilà accroupi à ouvrir mon fameux sac noir… j’y trouve une petite trousse verte à l’air apparemment banal. Tel un super héros, j’ai moi aussi une arme secrète… que je ne sors que dans l’intimité...
J’extrais de la trousse un étrange stylo assez volumineux. J’ôte le capuchon et y applique un mystérieux embout que je décapuchonne aussi.
Armé de ce mystérieux instrument porté tel un javelot je me rapproche avec prudence du centre de la pièce. Derrière la pile de livres qui me cache à la vue de la bête gluante je m’apprête à frapper.
On s’agite derrière, avec frénésie des pages de livres sont tournées.
J’avise un petit passage où je me glisse. Va falloir que je fasse plus de piscine…
La bête semble plus petite que prévu. Le sol n’est pas recouvert de sa bave luisante et collante. Son corps est couvert d’une tunique marron à capuche. Et la morphologie que je discerne ressemble étrangement à un être humain.
Je me sens à l’étroit dans cet espace réduit, j’ai peur de respirer. Après quelques minutes enfin mon bras se lève le pouce prêt à appuyer sur le bouton poussoir.
Mon bras s’abat implacable vers le but. La bête n’a rien senti. Ma bouche s’éclaire déjà d’un sourire victorieux. Mais à peine ai-je démarré qu’une main bloqua la descente inévitable de mon bras.
En une fraction de seconde la bête s’était retournée et le visage de Rollover me faisait face. Souriant mais légèrement tendu.
Mais t’es taré ? vouloir m’injecter une si forte dose d’insuline, tu voulais me tuer ou quoi ?
Mon bras retomba et tout penaud je dis « je croyais que tu avais été capturé par une bête, tu ne répondais pas à mes appels… j’ai donc utilisé mon arme fatale… »
« ah oui ? tu voulais faire de moi une nouvelle Sunny Von Bulow ? » A travers son ironie je ressentais un soulagement nous étions à nouveau réunis. Il retira de mes mains le stylo injecteur et après l’avoir posé soigneusement me serra dans ses bras. « J’étais si inquiet mais pourquoi es-tu parti sans rien dire comme ça ? » sans m’en rendre compte je répétais les paroles de mes parents lors de mon enfance.
(la suite au prochain épisode)