sueurs nocturnes au clair de rail... 8
« mais avant ça, qu’as-tu fait ? »
« c’est simple : en entrant la salle j’ai observé les alentours avec ma lampe-torche »
« pff » « bon ok avec ma petite lampe de porte-clefs. j’ai vu des éclairages au plafond et un câble qui en partait et courait le long du mur. En le suivant je suis arrivé jusqu’à un panneau de contrôle que j’ai manipulé. Une fois la lumière rallumée j’ai commencé à regarder autour de moi. J’ai vu tous ces objets divers et variés. Je les ai inspectés pour comprendre. » Un bruit nous alarma alors. « Viens » me dit Rollover et il m’emmena dans le fond de la pièce, là où le fatras d’objets était indescriptible. « si j’ai bien compris nous n’avons plus beaucoup de temps » « du temps pour quoi ? » « pour nous échapper d’ici » « mais ?… » « observe tous ces livres, ils n’ont pas de fin, ces objets, ils ne sont pas terminés… on ne les a jamais vu ou sinon des dérivés… » « tu veux dire que c’est un cimetière d’objets râtés ? » « non pas râtés, oubliés… » « mais quel rapport avec nous ? ça me rassure déjà de savoir que tu ne nous imagine pas ratés… mais l’oubli. Ne me dis pas qu’on nous a déjà oublié alors qu’on n’a pas été encore connus» « rappelle-toi l’ascenseur… » « L’ascenseur ? » « oui. Alors que nous étions coincés, que la nuit se refermait sur nous, que les ombres nous rattrapaient … soudain tout est revenu à la normale. Comme si rien ne s’était passé. Nous avons repris notre chemin normalement jusqu’au moment où nous avons quitté la ligne 14… et là la nuit est revenue sur nous. Là où nous étions l’agent de la ligne 14 ne pouvait plus nous voir, il avait fini son travail, nous avait mené à bon port, il pouvait nous oublier… maintenant nous sommes dans un lieu où jamais aucune caméra n’est entrée, un lieu oublié. Si un agent nous cherche il ne pourra pas nous trouver vu que nous ne sommes nulle part ! » « Tu ne crois pas que tu as forcé sur la bouteille ? » Malgré mes objections Rollover continua d’expliquer la théorie qu’il avait échafaudé. « Nous devons retrouver les couloirs classiques pour pouvoir rentrer dans notre réalité si quelqu’un repense à nous. » « Mais c’est de la science-fiction ! Nous serions dans une réalité parallèle à la nôtre où se retrouve tout ce qui a été oublié dans notre monde. Et nous serions entrés dans ce monde parce que les agents RATP nous ont oubliés ?? » « quelque chose comme ça, oui… » « mais les gens qui nous aiment, nos familles, nos amis, eux aussi nous ont oubliés ? » « je ne sais pas, mais tu penses toi tout le temps à ta famille, tes amis, aux gens que tu aimes surtout en pleine nuit ? tu as sans doute mieux à faire, dormir, ou aimer ou te faire aimer. Selon tes convenances.» « Sans doute » dis-je le désespoir dans la voix. « néanmoins nous avons encore une chance, regarde cette petite porte dans le mur… » Mais à ce moment-là, un murmure nous fit nous retourner. De nombreux rats nous entouraient en silence nous acculant au mur. Un rat plus gros que les autres commençait à montrer des dents. « Le chant » dis-je. « Quoi ? » « Tu te souviens de Catherine Deneuve ? Elle nous avait dit que la musique adoucit les moeurs» « hum ! oui ! de toutes façons au point où on en est… si ça se trouve ils parlent aussi comme dans Ratatouille… tu veux chanter quoi ? Dépêche j’en vois un qui montre les crocs» « une souris verte ? Non ce serait mal vu. Pourquoi connaît-on tant de chansons mais quand on en a besoin on ne se souvient de rien ? Je te proposerai bien une chanson de réconciliation ? » « Du genre ? » « J’ai rêvé qu’on pouvait s’aimer » « euh je t’ai laissé inventer cette histoire à ta guise mais là me ridiculiser en chantant faux du Mylène pour calmer des rats je suis pas sûr… » « Je préciserai qu’on avait eu une soirée bien arrosée je l’ai déjà indiqué je crois. Ca passera inaperçu. » « ok … » dit Rollover la mort dans l’âme… nous commençâmes quelques couplets mais loin de les calmer ça les excita encore plus » « ils ne doivent pas être gay… » « Ou ils n’aiment pas tout simplement… ? Tu crois pas que c’est plus simple que de lancer des supputations sur la sexualité des rats ? Tu veux faire une étude sociologique ? et je n’ai jamais aimé cet anthropomorphisme absurde… » un regard vers moi et il dit alors « Excuse-moi je suis tendu»
ils allaient attaquer, je mis alors mon sac à dos face à eux pour nous protéger. Nous entendîmes alors une mélodie triste et vieillotte que je n’oublierai jamais qui me rendit mélancolique et calma les rats. Le temps de flottement étant passé ils laissèrent l’accès à la petite porte en bois vermoulue. Partir, retrouver la civilisation, quitter l’oubli après y avoir goûté, véritable espoir de futur, marcher sans se retourner en espérant qu’ils ne changent pas d’avis et surtout ne pas, ne surtout pas se retourner comme … Orphée. Bon ok j’exagère… » « Et si c’était un piège ? A chaque fois on nous a mené là où l’on voulait nous emmener. » Mais j’étais déjà entré et dans un dernier regard dans la pièce que nous venions de quitter Rollover vit le sdf au chapeau de cowboy au milieu des rats rire de notre inconscience et de notre possible infortune ? Et si Rollover s'était trompé?
(la suite au prochain épisode)
03/08/08 - 20:01
j'ai bien rit !!! mais des paragraphes mon dieu !
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